Notre plan renov'Mulhouse. Plus qu'un slogan sur un programme !
L'heure est aux propositions chocs qui marquent les esprits de l'électeur pressé. Pourtant, est-ce que cela a un sens de déclarer, sans autre explication, que l'on va rénover 500 logements par an à Mulhouse ? Est-ce qu'un électeur sensé ne devrait pas immédiatement se poser mille questions ?
- Est-ce simplement possible ?
- Qui va payer ?
- Dans quels quartiers ?
- Ne vaut-il pas mieux détruire et reconstruire ?
- Ne parle-t-on que de logements modestes ?
- Et la rénovation, c'est seulement pour les logements ou est-ce qu'on parle des commerces, des friches industrielles, des bâtiments emblématiques de la ville ?
Bien sûr, nous avons inscrit cela, comme d'autres, sur nos tracts. Parce que Rénover Mulhouse n'est pas seulement désirable, voire nécessaire, c'est vital !
Mais on ne peut pas se contenter de belles paroles, de promesses qui n'engagent que ceux qui les croient.
C'est pourquoi, cher électeur, chère électrice, sur ce sujet si complexe et délicat, nous vous demandons un peu de votre temps : nous voulons vous expliquer notre plan et notre méthode !
D'abord, un constat
Il y a, à Mulhouse, 1800 logements indignes et 9000 logements inoccupés.
Mille-huit-cent logements indignes, cela représente, environ 4000 personnes, dont des enfants, qui vivent dans des conditions sanitaires précaires ! On détourne le regard ?
Huit mille logements vacants, alors que Mulhouse voit ceux qui le peuvent quitter la ville pour aller dans les communes environnantes, quand on bétonne au Rebberg ou ailleurs ? Est-ce logique et souhaitable ?
« Oui mais la ville a-t-elle les moyens de s'occuper de cela ? »
Poser comme cela, la réponse est probablement : non ! Seule, la commune, sans s'endetter davantage ni imposer toujours plus ses habitants, n'en a pas les moyens. Fin du chapitre ?
Pas tout à fait car, d'une part, la commune a des devoirs et, d'autre part, personne, surtout pas nous, ne dit qu'elle doit s'en occuper SEULE !
La mairie a un devoir de salubrité publique, de sécurité, y compris des bâtiments, et doit veiller sur la santé. Lutter contre l'habitat indigne n'est donc pas une option ! On attend qu'un immeuble s'effondre, que des enfants développent du saturnisme ou des infections pulmonaires ?
Mais si la commune a le devoir de lutter contre l'habitat indigne, elle ne peut pas, seule, régler tous les problèmes de logement de Mulhouse c'est une évidence !
Premier acte du plan : recenser, vite !
Cela commence par un appel à signaler les logements insalubres et à recenser l'ensemble des bâtiments vacants, y compris ceux de la commune (et ils sont nombreux ; la commune, à elle seule, possède au moins une vingtaine mais probablement beaucoup plus, d'immeubles d'habitation vacants !).
A ce stade, soyons clairs, les marchands de sommeil seront poursuivis car nul ne peut profiter de la misère ou de la faiblesse des gens !
Mais dans l'immense majorité des cas, les propriétaires ne laissent pas se dégrader ou simplement vides, des bâtiments qui leur appartiennent : ils n'ont pas les moyens de faire les travaux, ils ne sont pas sûrs de retrouver leur investissement, ils sont perdus dans les dédales des normes, ils ne connaissent pas les aides dont ils pourraient bénéficier !
La commune pourra leur offrir un accompagnement, des conseils, organiser des rencontres avec des professionnels et puis, finalement, si c'est nécessaire, proposer des réductions d'impôt locaux.
Au terme de ce recensement, des bâtiments, trop dégradés, seront détruits, sans doute, mais d'autres, bien plus nombreux, seront réhabilités ou réaffectés. Pour la commune il sera aussi temps de réfléchir au devenir de ses propres bâtiments d'habitation : vendre, réhabiliter pour louer, ou pour vendre plus tard…
La concertation et la mobilisation
Une fois le bilan établi, viendra le temps de la concertation avec tous les acteurs du secteur et ils sont très, très nombreux :
- Propriétaires, publics et privés
- Bailleurs sociaux
- Promoteurs
- Artisans et industriels du secteur
- Centres de formation et universités
- Investisseurs publics et privés, y compris en Suisse
Le rôle d'une mairie n'est pas de tout faire elle-même, elle n'en a, de toutes les façons, pas les moyens. Mais elle peut signaler sa volonté, créer les conditions des rencontres et des dialogues, faire naître les écosystèmes propices. Il y a des fonds publics qui n'ont jamais été demandés, des promoteurs qui n'ont jamais eu de propositions ou qui n'essuient que réponses négatives. Le temps du service public doit s'accélérer aussi, pour s'adapter aux besoins des investisseurs privés.
Personne ne se réjouit de payer des impôts mais ce qui irrite le plus, c'est de ne pas savoir à quoi ils sont affectés ! Alors nous créerons une Fondation de territoire dédiée à la rénovation et à la relance économique de Mulhouse : des entreprises mais aussi des particuliers pourront abonder tout en réduisant leur charge fiscale et en pouvant contrôler, de visu, l'utilisation des fonds ! Les Mulhousiens rénovent Mulhouse, c'est un projet qui porte sens !
Le cas du Rebberg et des lieux emblématiques
Mais Mulhouse, c'est aussi le quartier si particulier du Rebberg. C'est non seulement un bijou, un emblème, c'est aussi un poumon vert, un refuge de biodiversité, un îlot de fraîcheur pour les canicules qui s'annoncent ! Dans le contexte général de la ville que nous venons de décrire, est-il logique d'y implanter des immeubles ? Nous ne le pensons pas et c'est pourquoi nous nous engageons à ne pas y autoriser les constructions de plus de deux étages.
Mulhouse, enfin, ce sont quelques bâtiments et lieux emblématiques : DMC, le cirque Drouot, les bains municipaux !
Ici nous ferons intervenir un autre acteur et non des moindres : vous !
Les Mulhousiens doivent décider de l'avenir de ces lieux et nous organiserons donc concours, informations, votations sur leur réaffectation !
Visions pour le futur : Quartier DMC 2050
Mais, bien entendu, nous avons nos propres idées et laissons-nous quelques lignes pour nous promener dans un quartier DMC 2050, laboratoire de la ville durable et robuste !
D'abord, dès le début du mandat 2026, les habitants ont décidé de réhabiliter le réfectoire et d'en faire un lieu de convivialité, Biergarten en été, salle des fêtes toute l'année, on peut aussi désormais le privatiser pour de grandes fêtes de familles ou pour des séminaires d'entreprise. Le Climbing Center n'est plus seul à proposer des activités sportives et culturelles, on y trouve désormais une salle de sport et un terrain de foot salle. Plus loin, une grande surface a été remise en herbe et les aînés aiment venir y pratiquer le Tai Chi en semaine, les familles l'envahissant aux belles saisons, le week-end, pour des pique-niques. On vit désormais à DMC puisque trois bâtiments ont été réaffectés au logement. On y compte aussi un local de vente de produits de l'agriculture locale, une salle de spectacle supplémentaire et une dizaine de boutiques d'artisans, de commerçants. Un industriel a même obtenu le droit d'y réimplanter une petite usine, l'industrie n'a pas disparu de DMC !
On ne parle plus de friche, on parle de la ville durable et robuste. Mulhouse n'a plus honte de ses briques rouges : on vient désormais de l'Europe entière pour en admirer la renaissance !
Voilà chères Mulhousiennes et Mulhousiens qui avez eu le courage de nous lire jusqu'au bout, notre plan Rénov'Mulhouse, dans ses grandes lignes !
La ville prendra sa part de l'effort à fournir, bien sûr, mais elle sera surtout le catalyseur de la transformation que nous aurons décidé ensemble !